Notre appel à signer

Les masseurs-kinésithérapeutes rééducateurs ont les compétences pour accueillir les patients sans la prescription préalable d’un médecin. Alors pourquoi être obligé d’aller chercher chez le médecin cette prescription qui n’est plus finalement qu’une ordonnance de remboursement ?

De nombreux pays européens (Suède, Norvège, Pays Bas, Italie, Grande Bretagne) ainsi que les Etats-Unis, le Canada et l’Australie ont déjà favorisé l’accès libre aux soins de kinésithérapie pour diminuer les coûts, améliorer l’accès aux soins, bref répondre à une réelle demande.

Chaque jour, un million de patients franchissent la porte des cabinets de kinésithérapie. La défense de l’accès direct passe par la mobilisation de tous, kinés et patients. Plus le nombre de signatures de la pétition sera important, plus nous pourrons faire pression sur les pouvoirs publics !

Pour approfondir

Aujourd’hui, pour des soins thérapeutiques chez un kinésithérapeute, la loi oblige les patients à avoir une prescription médicale.
Avec un accès direct, les patients ne seront plus obligés de passer systématiquement chez leur médecin pour consulter leur kinésithérapeute.


En 2013, la World Confederation of Physical Thérapy a recensé 40 pays qui autorisaient les patients à consulter en accès direct leur kinésithérapeute.
Dès les années 1970, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie ont commencé à mettre en place l’accès direct chez le kinésithérapeute1.
Aujourd’hui, la plupart de nos pays voisins favorisent l’accès direct chez le kinésithérapeute, comme la Suède, la Norvège, les Pays-Bas, l’Italie ou l’Irlande.
La France doit prendre le même chemin que ces pays où le kinésithérapeute est responsabilisé et reconnu à sa juste valeur.

Si la majorité des Français ne le savent pas, l’accès direct pour des soins non-thérapeutiques existe déjà. Le grand public peut consulter librement son kinésithérapeute pour réaliser un bilan ou obtenir des conseils de prévention.
Pour des soins thérapeutiques, après un premier diagnostic, l’article R 4321-2 du Code de la Santé Publique autorise le kinésithérapeute à modifier l’indication initiale du médecin afin d’étendre les soins à d’autres régions du corps.
Par ailleurs, quel kinésithérapeute n’a jamais reçu en urgence un patient souffrant d’une entorse ou un bébé encombré, lors d’une épidémie de bronchiolite ?
Autoriser l’accès direct permettrait d’officialiser ces pratiques existantes.

Depuis 70 ans, les kinésithérapeutes n’ont cessé de moderniser leurs pratiques, ils ne sont plus de simples techniciens.
Dans l’exercice de son activité, le kinésithérapeute tient compte des aspects psychologiques, sociaux, économiques et culturels de chaque patient. En fonction du diagnostic et du patient, le kinésithérapeute établit des objectifs de soins et choisit les actes et les techniques les plus appropriés.
La réingénierie de la formation initiale des kinésithérapeutes (1 année d’université + 4 années de formation en IFMK) démontre le rôle prépondérant des kinésithérapeutes dans notre pays.
Grâce à la modernisation de la profession et les formations en continus, les kinésithérapeutes ont les qualifications, les compétences et l’expérience pour recevoir les patients en accès direct.

L’accès direct ne signifie pas que les kinésithérapeutes pratiqueront des soins à tous les patients quelle que soit leur pathologie.
A travers un diagnostic différentiel et d’orientation, lorsqu’un patient présente des pathologies qui ne sont pas du ressort du kinésithérapeute, il est alors orienté vers son médecin généraliste.
La nouvelle formation initiale forme les kinésithérapeutes aux diagnostics différentiels et d’exclusion.
Pour les kinésithérapeutes en activité, leur capital d’expérience leur a permis d’obtenir la capacité à réaliser ces diagnostics. Par ailleurs, si certains souhaitent renforcer cette compétence, des formations en continu doivent leur être proposés.

L’association américaine de kinésithérapeutes, (American Physical Therapy Association) révèle qu’en plus de 30 ans, aucune statistique n’a démontré une augmentation des réclamations, des tarifs d’assurance, ou de poursuites judiciaires dans les états américains qui autorisent l’accès direct2.
Toujours aux Etats-Unis, une étude du Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy a étudié la sécurité et le niveau de risque des soins thérapeutiques en accès direct sur des militaires. Aucun accident n’a été rapporté en lien avec le diagnostic ou le traitement médical que ce soit pour des patients en accès direct ou à la suite d’une prescription médicale3.

Nous ne réclamons par un élargissement de nos compétences en dehors du champ de la kinésithérapie.
Notre volonté n’est pas de concurrencer les médecins, mais d’avoir un vrai rôle de partenaire médicale, comme c’est déjà le cas dans la plupart des pays d’Europe ou d’Amérique du Nord.
Nous souhaitons établir une relation basée sur la collaboration avec tous les professionnels de santé, dont les médecins généralistes.
Faciliter l’élaboration des bilans diagnostics, les comptes rendus d’intervention et leurs transmissions renforcera les relations entre les professionnels de santé et les kinésithérapeutes. Pour cela, les outils qui permettent de réaliser les bilans diagnostics kinésithérapiques (BDK) doivent répondre aux attentes des kinésithérapeutes : simplicité, intuitivité et rapidité.
Une meilleure transmission d’informations améliora le travail quotidien de chacun, ainsi que la prise en charge de nos patients.

Si certains utilisent cet argument pour refuser l’établissement de l’accès direct chez les kinésithérapeutes, des études menées dans des pays étrangers démontrent le contraire.
En 2014, The Netherlands Insitute for Health Services Research a mené une étude sur les répercussions de l’accès direct chez le kinésithérapeute aux Pays-Bas4.
L’étude constate que 13% des patients qui ont consulté en accès direct n’ont pas commencé de traitement après leur première consultation, contre 6% des patients qui consultent sur prescription médicale.
De plus, le nombre moyen de traitements est moins élevé chez les patients en accès direct que chez ceux ayant bénéficié d’une prescription médicale quantitative.

L’accès direct a comme avantage premier de faire gagner du temps aux patients. Ils n’auraient plus besoin d’attendre en moyenne 3.3 jours pour obtenir un rendez-vous chez leur médecin traitant. Cette perte de temps décourage certains de consulter un kinésithérapeute.
Aujourd’hui, les patients sont acteurs de leur santé. Ils connaissent les pathologies qui sont du ressort de la kinésithérapie et ils souhaitent pouvoir consulter rapidement.
Une étude menée en Ecosse en 2004 sur 679 patients révèle que les patients qui ont consulté directement leurs kinésithérapeutes sont plus satisfaits. Ils ont également tendance à moins consulter leur médecin généraliste5.

Automatiquement, la non-consultation chez un médecin généraliste pour se rendre chez un kinésithérapeute permettra à la Sécurité sociale d’économiser une masse financière non négligeable.
A titre d’exemple, une étude de 2007 a comparé en Ecosse, le coût d’une prise en charge d’un patient en accès direct et d’un patient ayant obtenu une prescription médicale au préalable6.
Lorsqu’un patient est envoyé par son médecin, la prise en charge revient en moyenne à 88.99 £ (127,43€). Lorsqu’un patient se rend directement chez son kiné, la prise en charge revient en moyenne à 66.31£ (95,02€).
Selon cette étude, l’accès direct permettra au système de santé écossais d’économiser plus de 2 millions £ (2,86 millions €) chaque année.

Tous les actes de soins n’ont pas vocation à être systématiquement pris en charge par la Sécurité sociale. Néanmoins, rien n’empêche de trouver un accord pour une prise en charge par la Sécurité sociale notamment, dans le cadre de pathologies soumises au référentiel et pour certains actes à définir.
Pour le reste, les mutuelles peuvent intégrer un forfait annuel de prise en charge comme il en existe pour l’ostéopathie, les médecines douces ou alternatives.


1 Bury TJ, Stokes EK, A Global View of Direct Access and Patient Self-Referral to Physical Therapy: Implications for the Profession, Physical Therapy, April 2013 vol. 93 no. 4 449-459.
2 APTA, Direct Access: How It Can Change Your Practice!, 2009.
3 Moore, Risk Determination for Patients With Direct Access to Physical Therapy in Military Health Care Facilities, JOSPT, 2005, p 674-678.
4 Swinkels, I.C.S., Leemrijse, C.J., Barten, J.A., Veenhof, C., Accès direct à la physiothérapie aux Pays-Bas, Physioactive, 2014, 13-19.
5 Holdsworth, L.K. and V.S. Webster, Direct access to physiotherapy in primary care: now ? and into the future? Physiotherapy, 2004, p. 64-72.
6 Holdsworth, What are the costs to NHS Scotland of self-referral to physiotherapy? Results of a national trial. Physiotherapy, 2007, p. 3-11.

Qui sommes-nous ?

Cette initiative est portée par le Syndicat national des masseurs-kinésithérapeutes rééducateurs (SNMKR). Reconnu comme représentatif au travers de l’UNSMKL (Union Nationale des Syndicats des Masseurs-Kinésithérapeutes Libéraux), indépendant, il siège dans toutes les instances décisionnelles au niveau national, régional ou départemental.
Notre cheval de bataille : défendre un véritable projet d’avenir pour tous les masseurs-kinésithérapeutes, des études à la retraite, pour la reconnaissance, l’autonomie et l’amélioration et la défense de nos conditions d’exercice.

Vous voulez en savoir plus sur nous ?

La reconnaissance et la valorisation du bilan en accès direct, la revalorisation tarifaire, la reconnaissance et la valorisation du rôle du kinésithérapeute dans la prévention, la prise en charge à 100% des transports sanitaires domicile cabinet dans la cadre du Prado orthopédie, la reconnaissance et la valorisation du diplôme d’Etat en Master2, le refus d’un tiers payant générateur de tracasseries administratives supplémentaires, le maintien de l’accès à une formation en ostéopathie  « médicale » prenant en compte notre formation initiale… Autant de revendications qui nous sont chères et pour lesquelles nous nous engageons au quotidien.

Pour les découvrir et en savoir plus sur nos actions, rendez-vous sur :

www.snmkr.fr

Vous êtes kiné

Vous voulez soutenir cette initiative ? En apposant l’affiche « Ensemble défendons l’accès direct chez le kiné » dans votre salle d’attente, vous faites un geste simple mais un geste fort pour mieux faire connaître notre métier, démultiplier la visibilité de nos intérêts professionnels et inciter les patients à défendre leurs droits en signant la pétition en ligne sur monkinedirect.fr. Plus le nombre de signatures sera important, plus nous pourrons faire pression sur les pouvoirs publics !

Pour recevoir l’affiche directement dans votre cabinet, il vous suffit de compléter le formulaire ci-dessous :





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